« La religion est le chemin des hommes pour atteindre une connaissance. La spiritualité est le chemin de l’âme pour atteindre et connaitre dieu. » – Pascal Levannier

 

 Il y a tellement de raisons et de motivations pour croire en Dieu. Celles du justicier pour lequel Dieu est un juge et pour qui le monde doit être juste, fait de récompenses et de punition, celles de l’enfant pieu qui va à la messe sans chercher plus loin, celles du blessé qui a vu la souffrance du monde et qui veut y voir un sens, celles du dévot qui fait des offrandes pour obtenir quelque chose en retour, celles du bon samaritain… En faisant un retour sur soi-même, chacun peut trouver dans quel genre de sol sont enracinées ou juste déposées les racines de sa foi.

 

Deux types de foi 

Je n’aborderai que deux types de foi. Celle du charbonnier qui pratique par habitude et croit souvent par tradition familiale ou sociétale, mais sans avoir cherché de preuve – ou de ressenti – de la présence de Dieu. Le charbonnier se dit que, après tout, il doit bien y avoir un sens à « tout cela » et qu’il existe sûrement une autorité qui donne un sens à nos vie et mort. Cette foi est le plus souvent sincère, mais néanmoins fragile, car le charbonnier peut avoir peur sur son lit de mort, ce qui désavoue la foi qu’il pensait avoir eu au cours de sa vie. Il a peur, car il ne sait pas ce qui vient et qu’il n’est plu si sûr qu’il y ait un après. La foi consiste, justement, à s’abandonner à Dieu sans chercher à retenir le moindre souffle de vie. Si cette condition ultime n’est pas remplie alors à quoi bon avoir fait semblant de croire ? Ma vie n’aura été construite que sur une illusion, un château construit sur du sable et qui se dérobe à présent sous mes pieds.

 

Certains braves charbonniers fondent également leurs certitudes sur ce qu’ils voient : cette foi s’appuie sur les hommes et leur création : l’institution. Je crois en Dieu car tous ces rites, ce décorum et l’Institution qui les a créés n’existeraient pas sans Lui. Ils lui servent de « preuve » qu’un Dieu existe. Je crois dans les hommes et leur fais confiance. Je mets mon espoir dans les écrits des hommes, dans leur témoignage, dans leur exemple, dans une « logique » transcendantale.

 

 Il existe un autre type de foi qui est empirique et qui est, logiquement pour moi, la seule voie possible : ma foi doit être liée à la connaissance de Dieu. Ce qui est uniquement possible au travers de sa fréquentation – par le bais de la prière ou la méditation – et qui passe également par l’attention accordée aux signes – « hasards favorables », synchronicités….- qui pavent notre vie et qu’on ne voit qu’à condition d’y regarder de plus près.  (cf. article)

 

Le doute est indissociable de la foi. Il est normal que le degré de foi fluctue au cours de la vie. Celui qui ne doute jamais suit aveuglément ce qu’on lui dit sans se poser les questions de fond. Tant que sa croyance n’a pas été mise à l’épreuve du feu, il ne touche la mystique qu’en surface. Si je suis, pour ma part, encore croyant, c’est que, de toutes mes périodes de doute, ma foi (indépendante d’une église) est sortie renforcée.